À Harvard le 8 juin 1978, Alexander Soljenitsyne, écrivain dissident russe, a déclamé un percutant discours intitulé « Le déclin du courage». Il nous mettait en garde contre l’épuisement spirituel, il y a 47 ans. La société moderne souffre toujours d’acédie, emprisonnée qu’elle est par la pensée matérialiste prédominante.
« Ce déclin du courage est particulièrement sensible dans la couche dirigeante qui donne[nt]sa direction à la vie de la société […] d’où l’impression que le courage a déserté la société toute entière. […]. Les fonctionnaires politiques et intellectuels manifestent ce déclin […] cette irrésolution dans leurs actes, […] dans les considérations théoriques qu’ils fournissent complaisamment pour prouver que cette manière d’agir, qui fonde la politique d’un État sur la lâcheté et la servilité, est pragmatique, rationnelle et justifiée […] »
Selon lui, l’origine de ce déclin remonte à la Renaissance et s’est particulièrement accru à partir du siècle des Lumières. Pas surprenant puisque le capitalisme est né à Venise et Gênes entre le XIIe et le XVIe siècle. Ces villes, comme les autres cœurs économiques du monde (Londres, Anvers, Paris, New York – voir Une brève histoire de l’avenir, ont joué un rôle crucial dans le développement de l’économie capitaliste. Constituant des comptoirs et des empires commerciaux en Méditerranée et en Orient, ces deux premières villes du capitalisme ont contribué à l’essor économique de l’Italie.
Le dernier cœur du capital est la Silicon Valley, en voie de se faire damer le pion par les Tech chinoises. L’innovation est le moteur premier de la création d’un cœur économique. Mais les IA changent tout et il semble bien qu’aucune ville ne saura recueillir tous les éléments la propulsant comme le prochain cœur économique. De fait, les IA risquent d’être la dernière innovation de l’humain.
Par conséquent, il n’y aura pas d’autre cœur pour le capital. Seulement une implacable logique matérialiste programmée dans laquelle chaque travailleur/consommateur sera suivi à la trace à travers un taxation directe dans son compte par transaction. Son profil sera bien coté s’il est vertueux et ses argents gelés s’il ne se comporte pas comme la doxa. Exit le citoyen et la démocratie. Fini la liberté!
Connexion-U a donc mis sur pied une franchise sociale de coeurs battants afin que les citoyens-entrepreneurs reprennent leur pouvoir sur leur économie de proximité et sur le tissu social mis à mal par le capitalisme.
Totalitarisme ou occasion de se libérer?
Pour Soljenitsyne qui a vécu sous l’oppression totalitaire et en exil aux États-Unis, les régimes issus de la pensée matérialiste, qu’ils soient communistes/socialistes ou capitalistes, retirent ce qu’il y a de plus précieux à l’être humain: sa vie intérieure.
Occulter la richesse de la vie intérieure qui donne de la valeur au soi, conduit à paralyser les élans les plus nobles de l’être. Ainsi il diminuera son estime humain à mesure qu’il sera confronté à la puissance cognitive des IA, croyant qu’elle pave la voie à un monde meilleur, mais qui le réduira à l’esclavage.
Pourquoi manque-t-on de courage?
Le courage d’être soi, et non une simple représentation de soi, est pourtant le plus grand pas que l’humain puisse franchir pour prétendre à sa liberté. Le courage est un effort devenu de plus en plus difficile à fournir tant les gens se sont endormis dans la consommation. Ils ont perdu tout intérêt pour la vigilance.
Soljenitsyne met l’emphase en particulier sur deux grandes failles du système : la corruption des juges et des médias. Le déclin du courage proviendrait surtout de la classe dirigeante, dit-il, car ils n’osent pas endiguer la corruption systémique qui, il faut le dire, gangrène notre monde chaque jour. Ça sort de partout, de partout! Il y a encore beaucoup de courage individuel, rajoute-t-il, mais ce n’est pas ce qui dirige le monde.
Éclairer les angles morts
J’estime que le quatrième pouvoir – celui de la presse – fait reposer l’information sur de nombreux angles morts. À force de gruger sur l’intégrité de la vérité, la société voit se détruire son bien commun.
Le conditionnement, la culture de la corruption et du copinage est si ancrée qu’une réforme sera insuffisante pour corriger les failles d’âmes humaines.
L’écrivain russe conclut : « Il nous faudra nous hisser à une nouvelle hauteur de vue […] où notre être spirituel ne sera plus piétiné […] Nous n’avons pas d’autres choix que de monter…toujours plus haut ».
Mais qu’est-ce qu’être spirituel si nous ne saisissons pas les mécanismes de l’Esprit. Toute forme de croyance spirituelle rend la volonté d’être intègre inopérante. Voilà l’angle mort de la vie intérieure.
Pour moi, le courage repose sur une volonté désillusionnée par les leurres, les conditionnements, libérée de l’hégémonie des Dieux et des Empires. Cette volonté intérieure éclairée, assumée, individuée est un véritable acte politique.
Ces activistes de l’intérieur doivent avoir le courage de faire face à leur propres démons psychiques. Ils doivent aussi être stratégiques dans leur manière d’exercer leur droit à l’existence sur cette terre. Pour y parvenir, il n’y a rien de tel comme comprendre les mécanismes de l’âme et de l’esprit qui nous constituent. C’est ce que nous enseignons avec le programme de psychologie évolutionnaire. Pour ceux et celles qui prévoient investir dans leur être, voilà une formation à retenir.
Monter plus haut, c’est développer sa force mentale pour que sa volonté ne soit pas qu’une colère provoquant un feu de paille. Pour la rendre réellement opérante dans le monde, cette volonté doit reposer sur une clarté absolue quant à la direction des choses, sur une autogouvernance qui rend agile et créatif, jamais dépourvu devant l’adversité. Et, surtout, il ne faut jamais démissionner quoi qu’il en soit. Et soutenir le temps pour déterminer sa juste place dans ce monde nébuleux. Voilà le plus beau courage qui soit!
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